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Contributions

The views and perspectives contained in these Blogs are from individual contributors and external sources, and do not necessarily reflect the opinions or position of the Cordoba Foundation of Geneva. The links are neither intended as an endorsement of particular publications nor the only source for the updates, but to connect to information in the public domain, for those interested in background or further details.

Il y a une dizaine d’années, l’Algérie vivait sous le rythme des vagues de massacres qui exterminaient des hameaux entiers, avec une passivité, voire une complicité, des dirigeants de l’armée. L’opinion publique mondiale se mobilisât pour faire cesser ces massacres et pour qu’une commission d’enquête experte, indépendante et libre de ses mouvements, se rende en Algérie. Cette demande, soutenue par de nombreuses ONGs ainsi que par le Haut commissaire des Nations unies pour droits de l’homme, Mary Robinson, fut rejetée farouchement par le gouvernement algérien.

A la 54ème session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU au printemps de 1998, une pétition ayant récolté plus de 5000 signatures de par le monde fut remise à la CDH et un sitting fut organisé à la sortie de la salle XVIII du Palais des Nations pour exiger le dépôt d'une résolution sur l’Algérie. Plusieurs chefs de délégations nous avaient assuré qu’ils soutiendraient une action pour l'Algérie si elle devait être décidée ; mais il fallait qu'un pays influent en prenne l'initiative. La CDH a terminé ses travaux sans qu'aucune action concrète concernant le drame algérien ne soit adoptée ; ce fut la déception pour les ONGs des droits de l'homme et les milliers de citoyens qui s’étaient mobilisés. L’Ambassadeur algérien, Mohamed-Salah Dembri, interviendra le 22 avril 1998 devant la CDH pour expliquer que la position de son gouvernement était « fidèle à cette tradition diplomatique qui est propre à l'Algérie depuis l'indépendance de refuser les œuvres périssables et les calculs étriqués pour favoriser les puissantes conjonctions de la communauté internationale sur le terrain du devoir collectif et solidaire ». Ce succès de la diplomatie algérienne était dû principalement à la « solidarité amicale » du groupe des pays africains et au « soutien fraternel » du groupe des pays arabes au sein de la CDH. Lors de son intervention, l’Ambassadeur algérien ne manqua pas de saluer : « L'appui unanime qui nous fut apporté, dans l'expression de nos positions par le monde du Non-alignement et par bien d'autres pays qui n'en sont pas membres, [qui] m'amène ici à m'acquitter d'un devoir de gratitude, de reconnaissance et de remerciements envers ceux qui, d'emblée, comprirent notre démarche et nous apportèrent leur soutien. »

Cet épisode malheureux de l’histoire de la CDH m’a conduit à exprimer ma désillusion vis-à-vis du système onusien, dans une contribution à l’ouvrage An Inquiry into the Algerian Massacres (Hoggar, Genève 1999).

A l’annonce de la création du Conseil des doits de l’homme, l’espoir renaissait de voir la nouvelle instance se détacher des pesanteurs politiques qui paralysaient la CDH. Mais hélas, mon enthousiasme fut de courte durée, car la même volonté de geler l’action onusienne a vite réapparu sous forme d’un groupe de pression formé d’Etats connus pour leur triste performance en matière de protection des droits de l’homme, et à leur tête... l’Etat algérien. Un groupe qui veut « tuer dans l’œuf » l’institution nouvellement créée en rendant inefficaces les rares mécanismes et procédures, hérités de la CDH, qui fonctionnaient à peu près correctement, et en s’attaquant en particulier aux experts indépendants des procédures spéciales.

Le quotidien algérien El Watan, sous la plume de son correspondant à Genève, Amine Djazaïri, soulignait le 30 novembre 2006, pendant la troisième session du CDH et avec beaucoup de fierté, le rôle de l’Algérie au sein du conseil des droits de l’homme pour s’attaquer aux experts indépendants de l’ONU et présentait l’adoption d’une résolution visant à imposer un « Code de conduite » aux expert indépendants comme « une première victoire de l’Algérie au nom des pays africains ».

Dans un entretien récent (Le Temps, 5 avril 2007) sur le Darfour, le chef de la mission algérienne, Idriss Jazairy, « renvoyait l’ascenseur » au gouvernement soudanais. Je suis conscient de la complexité de ce conflit. Que la vérité sur cette question se trouve quelque part entre ce qui est publié dans les rapports émis par les autorités soudanaises et ceux publiés par les chancelleries occidentales, avec les minimisations et exagérations des faits pour des considérations politiques, idéologiques, voire même géopolitiques. C’est d’ailleurs pour cela que nous voulions faire une appréciation de la situation et tenter d’approcher de plus près la réalité. Au début de cette année six ONG d’Europe, d’Amérique latine et du Monde arabe se sont regroupées pour aller au Darfour réaliser une mission d’enquête sur la situation des droits humains. Parmi ces organisations figurait le Centre d’étude des conflits et de la paix de la Fondation Cordoue. A la veille de notre départ nous avons reçu un refus catégorique non motivé des autorités soudanaises. A la même époque, d’autres tentatives ont également échoué, dont le voyage d’une délégation du Conseil des droits de l’homme. Cette attitude n’a fait que renforcer en moi la suspicion que le gouvernement soudanais aurait des choses à cacher concernant les violations des droits des populations musulmanes du Darfour, sous une république prétendument islamique.

Dans le même entretien l’Ambassadeur algérien évoquait la situation algérienne, notamment la question des « disparus », en des termes qui appellent à quelques commentaires.

Je suis heureux que l’Ambassadeur reconnaisse l’existence d’un problème de « disparus » en Algérie. Son prédécesseur nous avait habitués à un négationnisme cynique. En juillet 1998, alors que plus d’une dizaine de milliers de citoyens algériens avaient été disparus, enlevés par l’armée, la police, la gendarmerie et les milices gouvernementales, et au moment où de nombreuses familles de disparus étaient venues à Genève soumettre aux instances onusiennes des centaines de dossiers documentés sur des cas de « disparition », interrogé sur ce thème au journal de la TSR, Mohamed-Salah Dembri avait répondu : « On nous a donné deux noms depuis le début. Deux noms qui ont été avancés, sur lesquels nous avons tout de suite alerté nos autorités pour qu'elles nous donnent des réponses adéquates. Pour voir si ces personnes existent même à l'état civil. Il ne suffit pas de lancer un nom ; il faut prouver d'abord que c'est un citoyen algérien, qu'il existe, qu'il est né quelque part. Il ne suffit pas d'aller se balader dans Genève avec quelques pancartes, des photos fantaisistes, donner des lieux de détention fantaisistes et penser que ça y est, on a défendu les droits de l'homme. »

Mais lorsque Idriss Jazairy affirme que les disparitions « ont été surtout le fait de groupes armés », je pose la question de savoir qui a établi cette vérité ? Et sur la base de quelle investigation ? Sachant que depuis plus de dix ans, nous militons en faveur d’une enquête indépendante, et nous nous confrontons au refus systématique des autorités algériennes.

L’Ambassadeur nous apprend aussi que « les forces de l'ordre en sont aussi responsables à titre individuel » Mais alors quelle mesure a pris son gouvernement contre ces auteurs de crimes ? En a-t-il poursuivi un seul ? N’a-t-il pas au contraire promulgué une « charte pour la paix et la réconciliation nationale » qui glorifie et honore l’ensemble des services de répression, militaires et miliciens, et une ordonnance qui stipule qu’ « aucune poursuite ne peut être engagée, à titre individuel ou collectif, à l’encontre des éléments des forces de défense et de sécurité de la République, toutes composantes confondues », et qui menace d’une peine de 3 à 5 ans de d’emprisonnement tout citoyen qui « par ses déclarations, écrits ou tout autre acte » - un procès par exemple - « porte atteinte au institutions de la République algérienne démocratique et populaire, nuit à l’honorabilité de ses agents qui l’ont dignement servie, ou ternit l’image de l’Algérie sur le plan international. »

Et lorsque le diplomate algérien affirme que : « Nous avons été parmi les premiers à signer la convention sur les disparus », je me demande s’il pense sérieusement qu’une simple paraphe pourra régler un problème aussi sensible, tragique et complexe que celui des « disparus ». Par ailleurs, puis-je rappeler à M. l’Ambassadeur que la ratification du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, son Protocole facultatif et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, en septembre 1989, au milieu de la « parenthèse démocratique », n’a pas empêché, au lendemain du coup d’état de janvier 1992, la terrible vague de répression au cours de laquelle un quart de million de citoyens ont été tués et des dizaines de milliers ont été torturés.

La comparaison que l’Ambassadeur tente de réfuter, sans que la question ne lui soit posée, entre « les brigades de la mort engagées par les gouvernements d'Amérique latine pour combattre des opposants et la lutte que l'Algérie mène contre les terroristes », est révélatrice du malaise du régime algérien de voir, jour après jour, des témoignages, des analyses, des études académiques, des documentaires démontrer l’implication de certains cercles de l’Armée et des services de renseignements algériens dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, dans le cadre d’une guerre contre insurrectionnelle, et sous couvert de lutte anti-terroriste.

Enfin, le plus cynique dans les propos du diplomate algérien c’est qu’il tente de justifier la « sale guerre » menée contre son peuple par une poignés de généraux sans scrupule, en usant d’arguments farfelus du type : « Il fallait peu pour que l'Algérie soit déstabilisée au point de ressembler à la Somalie. Cela aurait été catastrophique pour la région. »

En décembre 1999, M. Bouteflika a envoyé à Washington, comme ambassadeur, un ami aux qualités de diplomate éprouvées. Après les événements du 11 septembre ce dernier fut chargé de convaincre l’Administration Bush que l’Algérie était le meilleur allié des Etats-Unis dans sa « guerre contre le terrorisme ». Le renforcement, ces dernières années, des relations militaires et sécuritaires entre les deux pays porte à croire qu’il a rempli sa mission. En novembre 2004 le même ambassadeur fut dépêché à Genève pour pallier aux carences des méthodes peu diplomatiques de son prédécesseur et pour reprendre les choses en main au sein de l’ONU des droits de l’homme. Réussira-t-il son pari ?

Il est de l’intérêt des droits de l’homme et du devoir des rares pays qui les défendent et des ONGs et militants qui s’y consacrent, de faire face à cette fronde menée par l’Etat algérien visant à saper les fondements mêmes du CDH pour en faire non pas une « conscience de l’humanité », comme le prétend l’Ambassadeur d’Algérie, mais un instrument sous le contrôle des dictateurs, servant à consacrer la surdité de la communauté internationale aux lamentations des damnés de la Terre.

Abbas Aroua
23 avril 2007

Qui aurait pensé qu'on arriverait un jour à fédérer, d'une part, la conférence des ministres arabes de l'Intérieur, gestionnaires de l'industrie de la torture – de leur propre initiative ou sous mandat –, et, d'autre part, les masses des citoyens arabes victimes des régimes policiers ? Eh bien c'est fait ! Grâce au recueil des douze caricatures satiriques, « Les visages de Mahomet », paru le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten et reproduit depuis dans d'autres médias comme le journal norvégien Magazinet , le tabloïd français France Soir et les quotidiens Die Welt en Allemagne, La Stampa en Italie et El Periodico en Espagne.

Alors qu'à l'issue de leur réunion du 31 janvier à Tunis, les Premiers policiers arabes ont demandé au gouvernement danois de « sanctionner fermement » les auteurs des caricatures jugées blasphématoires contre le prophète, les manifestations se multiplient dans les capitales arabes et musulmanes brûlant drapeaux danois et photos du Premier ministre Anders Fogh Rasmussen. La campagne de boycottage des produits danois s'élargit et se renforce dans le monde musulman. Elle est suivie scrupuleusement aussi bien par le religieux qui renonce à son lait Arla que par le profane qui abandonne sa bière Carlsberg. Nestlé, qui s'est trouvé mêlé à cette affaire, a dû publier un encart publicitaire en première page du quotidien Asharq al-Awsat , concernant le lait en poudre Nido, précisant que « ce n'est ni produit au Danemark, ni importé du Danemark. »

Quel est donc ce pouvoir fédérateur qui a pu unir dans le monde musulman haut responsable et simple citoyen, shiite, salafi et Frère musulman, Turc, Persan et Arabe, Organisation intergouvernementale et ONG ? C'est que l'on a touché à la personne du prophète, qu'un musulman est censé chérir plus que sa propre personne. On a touché à ce symbole non pas parce que sa représentation est illicite – cette interdiction ne peut être applicable aux non musulmans – mais à cause du contenu des caricatures, qui ramasse en quelques croquis, comme celui du prophète coiffé d'un turban en forme de bombe, l'ensemble des clichés véhiculés à l'encontre de la religion islamique : terrorisme, misogynie, obscurantisme, fanatisme, etc., en Occident et notamment « dans un royaume [du Danemark] où la religion musulmane est qualifiée de ‘religion terroriste' ou ‘religion du Moyen Age' par certains hommes politiques au parlement », comme le soulignait La Libre Belgique du 31 janvier dernier. Les autorités danoises ont refusé d'entrer en matière dans cette affaire en évoquant la sacro-sainte liberté d'expression. Les millions d'Arabes et de musulmans, en déficit chronique de liberté, ne peuvent être insensibles à cet argument. Seulement ils constatent que ce principe, brandi à chaque fois que l'on publie des propos ou représentations qu'ils jugent blasphématoires envers leur religion, est occulté en d'autres occasions.

Les Algériens, par exemple, se souviennent comment en 1995 au même moment où les plus hautes autorités de l'Etat français recevaient en grandes pompes Salman Rushdie, l'honorant pour ses « Versets sataniques », le ministre de l'Intérieur français de l'époque interdisait un recueil de témoignages de tortures pratiquées par le régime militaire algérien, sous prétexte qu' « en raison de l'appel à la haine qu'il contient, sa diffusion est susceptible d'avoir des incidences sur l'ordre public. » Par ailleurs, les citoyens du monde musulman observent à quel point la loi et les médias occidentaux sont sévères à l'encontre de la judéophobie, notamment lorsqu'il s'agit de négationnisme ou même de révisionnisme, et à quel point ils sont laxistes à l'encontre de l'islamophobie.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a jugé que la presse européenne « observe deux poids et deux mesures » car elle « craint d'être accusée d'antisémitisme, mais invoque la liberté d'expression lorsqu'elle caricature l'islam ». A une époque caractérisée par l'exacerbation des tensions entre communautés, où des millions de musulmans se sentent humiliés à la vue des images d'Abu Ghraib et de Guantanamo, une publication comme « Les visages de Mahomet » vient accroître la violence symbolique ressentie dans le monde musulman et risquerait de jeter des pans entiers des sociétés musulmanes dans la contre violence anti-occidentale.

On se demande s'il est opportun de publier ce genre de produit dans le simple but de « tester l'autocensure et la limite de la liberté d'expression », comme l'ont avancé certains pour justifier la publication de Jyllands-Posten , au risque de susciter encore plus de haine et d'inciter à encore plus de violence dans un monde que d'aucuns, de tous bords, voudraient plonger dans l'Apocalypse.

Il est peut-être temps de réfléchir sérieusement au principe de liberté d'expression, à son caractère absolu ou relatif, à son application universelle ou sélective, éventuellement à ses limites, et surtout de s'interroger sur le rôle et la responsabilité du journalisme dans la promotion de la paix dans le monde.

Abbas Aroua
Directeur de la Fondation Cordoue
Article paru dans Le Temps du 3 février 2006

 


Bezüglich der "Gesichter Mohammeds"

Wer hätte gedacht, dass man es eines Tages schaffen würde einerseits die arabische Innenminister-Konferenz, Verwalter der Folterindustrie – aus eigener Initiative oder unter Mandat - und andererseits die Massen der arabischen Bürger, Opfer dieser Polizeiregime zu vereinigen? Nun ist es passiert! Dank der zwölf satirischen Karikaturen, "Die Gesichter Mohammeds" die am 30. September 2005 in der dänischen Tageszeitung Jyllands-Posten veröffentlicht und seitdem in anderen Medien ,wie die norwegische Zeitung Magazinet, dem französischen Boulevardblatt France Soir und in den Tageszeitungen Die Welt in Deutschland, La Stampa in Italien und El Periodico in Spanien nachgedruckt wurden. Während die Obersten arabischen Polizeibeamten am Ende ihrer Versammlung vom 31. Januar in Tunis die dänische Regierung aufgefordert haben die Autoren der Karikaturen ,die als blasphemisch gegen den Propheten beurteilt wurden "heftig zu sanktionieren", nehmen die Demonstrationen in den arabischen und muslimischen Hauptstädten zu, dänische Flaggen und Photos des Premierminister Anders Fogh Rasmussen werden verbrannt.

Die Boykottkampagne der dänischen Produkte erweitert und verstärkt sich in der muslimischen Welt. Sie wird gewissenhaft sowohl von dem Gläubigen, der auf seine Arla-Milch als auch von dem Profanen, der auf sein Carlsberg Bier verzichtet, gefolgt. Nestlé, das in diese Angelegenheit verwickelt war, musste eine Reklamebeilage betreffs des Nido-Milchpulvers auf der ersten Seite der Tageszeitung Asharq al Awsat veröffentlichen, worin Nestlé klarstellte dass «es weder ein Produkt in Dänemark ist noch aus Dänemark importiert wird.»

Woher stammt denn diese vermittelnde Fähigkeit, die in der muslimischen Welt hohe Funktionäre und einfache Bürger, Shiite, Salafi und Muslimbruder, Türke, Perser und Araber, zwischenstaatliche Organisation und NGO verbinden konnte?

Es kam deshalb weil man die Persönlichkeit des Propheten angegriffen hat, den ein Muslim mehr lieben soll als seine eigene Person. Man hat dieses Symbol angegriffen nicht weil seine Darstellung unerlaubt sei - dieses Verbot kann nicht für Nichtmuslime anwendbar sein-sondern wegen dem Ideengehalt der Karikaturen - wie jene die den Propheten mit einem Turban in Form einer Bombe bedeckt zeigt - der in einigen Skizzen kurz sämtliche Klischees zusammenfasst, die gegen die islamische Religion im Westen vermittelt werden: Terrorismus, Frauenhass, Obskurantismus, Fanatismus usw. und ins besonders "in einem Königreich [von Dänemark], wo die muslimische Religion von einigen Politikern im Parlament als "terroristische Religion" oder als "Religion des Mittelalters" bezeichnet wird, wie es La Libre Belgique vom 31. Januar unterstrich.

Die dänischen Behörden haben es abgelehnt in dieser Angelegenheit zur Sache zu kommen, indem sie das “heilige” Recht auf Meinungsfreiheit erwähnt haben. Die Millionen von Arabern und von Muslimen, die in einem chronischen Defizit der Freiheit leben, können vor diesem Argument nicht unempfindlich bleiben. Lediglich stellen sie fest das dieser Grundsatz, mit dem jedes Mal gedroht wird wenn man Äusserungen oder Darstellungen veröffentlicht die als blasphemisch für ihre Religion beurteilt werden, er in anderen Gelegenheiten kaschiert wird.

Die Algerier, zum Beispiel erinnern sich wie im Jahre 1995, zum gleichen Zeitpunkt wo die höchsten Behörden des französischen Staats mit grossem Prunk Salman Rushdie empfingen und ihn für seine "satanischen Verse" beehrten, der damalige französische Innenminister eine Zusammenstellung von Zeugenaussagen über die vom algerischen Militärregime angewendete Folter, mit dem Vorwand verboten hat, dass «in Anbetracht des Hassaufrufs die diese Aussagen enthalten, ihre Verbreitung Auswirkungen auf die öffentliche Ordnung haben kann».

Ausserdem beobachten die Bürger der muslimischen Welt inwieweit das Gesetz und die westlichen Medien in Bezug zur Judeophobie sehr streng sind ins besonders wenn es sich um Negationismus oder sogar um Revisionismus handelt und inwiefern sie im Gegensatz in Bezug auf Islamophobie lasch reagieren. Der Generalsekretär der Arabischen Liga, Amr Moussa, ist der Ansicht dass die europäische Presse "mit zweierlei Mass misst", denn sie "befürchtet wegen Antisemitismus angezeigt zu werden, aber beruft sich auf die Meinungsfreiheit wenn sie den Islam ins Lächerliche zieht".

In einem Zeitalter das durch Verschärfung der Spannungen zwischen den Gemeinschaften charakterisiert ist, wo Millionen Muslime sich beim Anblick der Bilder von Abu Ghraib und von Guantanamo erniedrigt fühlen, wird eine Veröffentlichung wie "Die Gesichter Mohammeds" die symbolische Gewalt die in der muslimischen Welt verspürt wird steigern und könnte ganze Teile der muslimischen Gesellschaften in anti-westliche Gewalttätigkeiten stürzen.

Man fragt sich ob es opportun ist diese Art von Erzeugnis zu veröffentlichen, mit dem simplen Ziel "die Selbstzensur und die Grenze der Meinungsfreiheit zu testen", wie es gewisse Leute ausgelegt haben um die Veröffentlichung der Jyllands-Posten zu rechtfertigen, mit dem Risiko noch mehr Hass anzustacheln und zu noch mehr Gewalt in einer Welt anzuspornen, die einige, von verschiedenen Anschauungen, gezielt in die Apocalypse stürzen möchten.

Es ist vielleicht Zeit ernsthaft über das Prinzip der Meinungsfreiheit, seinen absoluten oder relativen Charakter, seine universelle oder selektive Anwendung und eventuell über seine Grenzen nachzudenken und sich besonders über die Rolle und die Verantwortung des Journalismus in der Förderung des Weltfriedens zu befragen.

Abbas Aroua
1. Februar 2006

Übersetzung aus dem Französischen von: Monica Hostettler


Acerca de los « Rostros de Mahoma »

¿Quién se habriá imaginado que se lograría un día federar por una parte la conferencia de los ministros árabes en ejercicio, administradores de la industria de la tortura - por iniciativa propia o bajo mandato - y por otra parte las masas de los ciuddanos árabes víctimas de los regímenes policiacos, dentro de su país u obligados a residir fuera?  ¡Pues ya está! Y se lo debemos a la colección de doce caricaturas satíricas , “Los rostros de Mahoma”, publicadas el 30 de septiembre de 2006 por el diario danés Jyllands-Posten y reproducido desde entocnes en otros medios como el diario noruego Magazinet, el diario francés France-Soir y los diarios Die Welt de Alemania, La Stampa de Italia, y El Periódico en España. Para concluir su reunión del 32 de enero en Túnez, los primer ministros árabes le han pedido al gobierno danés una “sanción firme” en contra de los autores de las caricaturas consideradas blasfematorias contra el profeta; y se multiplican las manifestaciones en las capitales árabes y musulmanas, con quema de banderas danesas y fotos del primer ministro Anders Fogh Rasmussen.

La campaña de bycot de los productos daneses se ensancha y afianza en el mundo musulmán. La cumplen tanto el religioso que renuncia a su leche marca Arla como el profano que deja la cerveza Carlsberg. Nestlé, al encontrarse complicada en el asunto, pagó un espacio publicitario en primera página del diario Asharg al-Awsat, acerca de la leche en polvo Nido, para aclarar que “no se produce en Dinamarca, ni se importa de Dinamarca”.

¿Cuál es, pues, este poder ferderador que ha sido capaz de unir en el mundo musulmán desde el alto responsable hasta el simple ciudadano, chií, salfista y hermano musulmán, turco, persa y árabe, organizaciones intergubernamentales y ONGs?

Es que se ha afectado a la persona del Profeta, al cual un musulmán debe amar más que a sí mismo. El símbolo se encuentra afectado no porque su representación sea ilícita - esta prohibición no se puede aplicar a los no musulmanes - sino a causa del contenido de las caricaturas que resume en pocos trazos - como aquél que representa al Profeta con un turbante en forma de bomba - ese conjunto de lugares comunes estampados para rebajar a la religión islámica : terrorismo, misoginia, oscurantismo, fanatismo etc, en Occidente, y especialmente en un “reino [de Dinamarca] donde la religión musulmana suele ser calificada como religión terrorista” o “religión de la Edad Media” por algunos políticos parlamentarios, como lo subrayaba La Libre Belgique el 31 de enero pasado.

Las autoridades danesas se han negado a meterse en el asunto, invocando la sagrada libertad de expresión. Los millones de árabes y musulmanes, que extrañan de modo crónico la falta de libertad, son sensibles a este argumento. Pero observan que este principio, esgrimido cada vez que se publican comentarios o representaciones que ellos consideran blasfematorios contra su religión, ya no vale en otras ocasiones. Los argelinos recuerdan, por ejemplo, cómo en 1995, en el momento en que las más altas autoridades del Estado francés recibían a bombo y platillo  a Salman Rushdie y le celebraban por sus Versículos satánicos, el ministro del interior francés de aquella época prohibía una colección de testimonios sobre torturas practicadas por el régimen militar argelino, con el pretexto de que “con movtivo del llamamiento al odio que contiene, su difusión podría tener incidencias negativas sobre el ordern público.” Por otra parte, los ciudadanos del mundo musulmán observan hasta qué punto la ley y los medios occidentales se muestran rigurosos contra la judeofobia, especialmente cuando se trata de negacionismo o del menor revisionismo, y hasta qué punto son laxistas cuando se trata de islamofobia [1]. El secretario de la Liga árabe, Amr Muza, ha opinado que la prensa europea “observa dos criterios diferentes”, pues teme ser acusada de antisemitismo, pero “invoca la libertad de expresión cuando caricatura el islam”.

En una época caracterizada por la exacerbación de las tensiones entre comunidades, cuando millones de musulmanes se sienten humillados con la difusión de las imágenes de Abu Graib y de Guantánamo, una publicación como “Los rostros de Mahoma” viene a incrementar la violencia simbólica que afecta al mundo musulmán y puede volcar a sectores enteros de las sociedades musulmanas en la violencia anti-occidental.

Uno se pregunta si es oportuno publicar este tipo de producto con la simple finalidad de “poner a prueba la autocensura y el límite de la libertad de expresión”, como han propuesto algunos para justificar la publicación de Jyllands-Posten, con el riesgo de suscitar un odio mayor y una violencia ampliada en un mundo del cual parecería que se le quiere precipitar al Apocalipsis, con el aplauso de gente de las más diversas opiniones. Tal vez sea éste el momento de reflexionar seriamente sobre el principio de la libertd de expresión, su carácter absoluto o relativo, su aplicación universal o selectiva, y también sus límites, y cuestionar el papel y la responsabilidad del periodismo en la promoción de la paz en el mundo.

Por el Dr. Abbas Aroua, Instituto Hoggar [2]
1 de febrero 2006

Traduccion del francés : Maria Poumier, miembro de transtlaxcala, grupo de traductores para la diversidad lingüistica ( This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.) , y de www.rebelion.org.

[1] (ndt.) La asociación francesa COFFAD que agrupa a Africanos y Descendientes de Africanos señala que en realidad hay un tipo de expresión más castigado que cualquier otro, en los medios franceses : el sentimiento crítico de los negros. Sólo así se exlica el linchamiento mediático padecido por el cómico mulato francés Dieudonné desde hace dos años, a raíz de una broma sobre los fanáticos colonos israelíes. Veinte veces se le ha llevado a los tribunales por esto, ha padecido un atentado, siendo acorralado por cuatro ciudadanos israelíes etc. A pesar de que la justicia concluye cada vez que no ha cometido ningun delito antisemita, el boycot mediático se mantiene, impertérrito. Dieudonné suele hacer muchos chistes sobre áraes y musulmanes, pero estos se ríen de buena gana con él, es epecialmente popular en los suburbios con fuerte población magrebí.

[2] (ndt.) el Instituto Hoggar, dedcado a la investigación sobre el área magrebí ha publicado Livre blanc sur la répression en Algérie (1991-1995), y Quelle réconciliation pour l’Algérie.

 


حين تتوحد كلمة المسلمين حول شخص النبي الكريم صلى الله عليه وسلم

من كان يتوقع أن تتوحّد يوما كلمة وزراء الداخلية العرب، مديري صناعة التعذيب بمحض إرادتهم أو بتوكيل من الخارج، من جهة، وجماهير المواطنين العرب ضحايا الأنظمة البوليسية، من جهة أخرى ؟ لقد حدث ذلك فعلا ! وكان المتسبب في هذا الحدث مجموعة من اثني عشر رسم كاريكاتوري تهجمي تحت عنوان "أوجه محمد" نُشرت يوم 30 سبتمبر 2005 في يومية يلاندز بوستن (Jyllands-Posten) الدنمركية. ففي حين طلب وزراء الداخلية العرب على إثر اجتماعهم في تونس يوم 31 يناير 2006 من الحكومة الدنمركية "العقاب الصارم" في حق رسّامي الكاريكاتورات المهينة لشخص النبي صلى الله عليه وسلم، تضاعفت المظاهرات في العواصم العربية والإسلامية حارقة العلم الدنمركي وصورة الوزير الأول أندرس فوغ راسموسن (Anders Fogh Rasmussen). كما تعززت حملة المقاطعة للبضائع الدنمركية في العالم الإسلامي وتوسعت رقعتها، فاتّبعها بشكل محكم على السواء المسلم المتديّن الذي تخلى عن حليب أرلا (Arla) وكذا المسلم غير المتديّن الذي عزف عن جعة كارلسبرغ (Carlsberg). وقد اضطرت شركة نيسلي (Nestlé) السويسرية التي حُشرت خطأ في الموضوع إلى نشر إعلان في الصفحة الأولى من يومية الشرق الأوسط بخصوص حليب نيدو، مؤكدة أنه "ليس منتجا دنمركيا ولا مستوردا من الدنمرك".

فما هو يا ترى سر توحيد الكلمة في العالم الإسلامي بين المسؤول السامي والمواطن البسيط، بين السني والشيعي، بين السلفي والإخواني، بين العربي والأعجمي، بين المؤسسة الحكومية والمنظمة غير الحكومية ؟ إنه المساس بشخص النبي عليه أفضل الصلاة وأزكى السلام الذي يكنّ له المسلم من الودّ أكثر مما يكنّه لنفسه أو لماله وولده. ولا يرجع هذا المساس إلى رسم وجه الرسول الكريم الذي لا يجوز عند أهل الإسلام – فلا يُعقل أن يطالب غير المسلم بإتباع هذا التحريم – ولكن إلى مضمون الرسوم الكاريكاتورية الذي يركز في عدد من الصور، مثل تلك التي تمثل الرسول (ص) بعمامة على شكل قنبلة، كل الأكليشيهات المهينة للديانة الإسلامية والمتداولة في الغرب عموما وعلى وجه الخصوص في الدنمرك، تلك "المملكة التي يوصف فيها الإسلام بـ’دين الإرهاب‘ أو ’دين القرون الوسطى الظلامية‘ من طرف بعض رجال السياسة في البرلمان"، على حد تعبير يومية بلجيكا الحرة (La Libre Belgique) في مقال صدر يوم 31 يناير الماضي.

إنّ السلطات الدنمركية رفضت بداية الخوض في هذا الموضوع متذرعة بحرية التعبير المقدسة. وإنّ الملايين من العرب والمسلمين الذين يفتقرون إلى الحرية بشكل رهيب لا يمكنهم تجاهل هذا التبرير. غير أنهم يلاحظون أنّ مبدأ حرية التعبير الذي يُرفع في كل مناسبة تُهان فيها الديانة الإسلامية يختفي في مناسبات أخرى. ويتذكر الجزائريون مثلا أنه في عام 1995 حين كانت السلطات الفرنسية في أعلى هرم الدولة تستقبل سلمان رشدي وتقوم بتكريمه على "آياته الشيطانية"، في الوقت نفسه أصدر وزير الداخلية الفرنسي قرارا بمنع كتاب يحتوي على مجموعة شهادات عن حالات تعذيب قام به النظام العسكري في الجزائر، حليف السلطة الفرنسية. وكانت الذريعة آنذاك كون "الكتاب ينادي إلى الكراهية" وأنّ "توزيعه قد يضر بالأمن العام". كما يلاحظ المواطنون في العالم الإسلامي قسوة القانون والإعلام الغربيَين تجاه معاداة اليهودية – خاصة عندما يتعلق الأمر بالمحرقة – وتساهلهما الشديد تجاه معاداة الإسلام. وقد صرّح الأمين العام للجامعة العربية عمرو موسى، وهو مصيب في ذلك، أنّ الصحافة الغربية تعير بمعيارَين فهي تخشى أن تتهم بمعاداة السامية في حين أنها تتذرع بحرية التعبير عندما تقوم بتشويه صورة الإسلام.

في عصر يتميز بحدة التوترات بين الشعوب يشعر فيه ملايين المسلمين بالمذلة والهوان وهم يشاهدون صور أبي غريب وغوانتنمو، يأتي نشر "أوجه محمد" ليضاعف العنف الرمزي الذي يعيشه المسلمون وليلقي بشرائح واسعة من المجتمعات الإسلامية إلى العنف المضاد الموجه ضد الغرب. ويحق لنا أن نتساءل عن لياقة نشر مثل هذه الرسومات فقط من أجل "اختبار الرقابة الذاتية وحدود حرية التعبير"، كما صرح به البعض في محاولة لتبرير سلوك يومية يلاندز بوستن، وتجاهُل ما يؤدي إليه ذلك من تحريض على الكراهية وحث على العنف في عالم يريد بعض المغامرين أن يلقوا به إلى الجحيم.

إنّ الدول الأوروبية عوض أن تساهم في حل الأزمة التي تمخضت عن الرسوم الكاريكاتورية بشكل حكيم وهادئ عمدت إلى التصعيد من خلال خطاب سياسي تهديدي تجاه الدول العربية، وبتقرير إعادة نشر الرسوم المهينة للمسلمين في أكثر من عشر يوميات أوروبية تضامنا مع يلاندز بوستن ومحاولة لتخفيف الضغط على اقتصاد الدنمرك. أما الحكومة الدنمركية فبعد صمم دام عدة أشهر عن الاحتجاج الذي عبّرت عنه الجالية الإسلامية بهدوء منذ البداية، ها هي الآن وبعد أن لاحظت بوار بضائعها تتفطن لغضب المسلمين العارم. وها هو رئيسها يخاطب العالم الإسلامي عبر شاشة التلفاز بعيون ناعمة معبّرا عن أسفه لما حدث – دون اعتذار صريح – ويلتقي بالسفراء العرب وهو الذي رفض استقبالهم منذ أيام.

إنّ ما أظهرته مرة أخرى قضية الرسوم الكاريكاتورية هو ما لدى المسلمين والعرب من إمكانات الضغط والتغيير والذود عن العرض والدفاع عن المقدسات التي تداس يوميا بالأقدام الهمجية. إنّ على المسلمين شعوبا وحكومات أن يواصلوا جهدهم من أجل وضع حد للإهانة التي تتعرض لها الأمة من طرف كل من هب ودب. ومن الضروري أن يتواصل الضغط على الدنمرك بالوسائل القانونية والدبلوماسية والاقتصادية إلى حين يقوم برلمانه باعتماد قانون يحمي الجالية الإسلامية في هذا البلد والديانة الإسلامية عموما في المستقبل من مثل هذه التجاوزات المشينة، على غرار القوانين التي تحمي جاليات اليهود ومقدساتهم.

إنه يتعيّن على الجميع، وعلى الغرب بوجه الخصوص، أن يفكر بجدية في مبدأ حرية التعبير، وطبيعته المطلقة أو النسبية وتطبيقاته الشاملة أو الانتقائية وكذا حدوده، وأن يتساءل عن دور ومسؤولية الصحافة في ترقية السلم في العالم.

عباس عروة
1 فبراير 2006