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Contributions

The last two weeks have seen the resurgence of Islamic-Western tensions around the seeming opposition between freedom of expression and respect for religious symbols. We hoped that the unfortunate episode of the cartoons "Muhammeds ansigt" (Face of Mohammed) published on 30 September 2005 by the Danish newspaper Jyllands-Posten and the violent reaction in some cities of the Muslim world demonstrated to all parties how both provocation and the violent reaction to it can threaten world peace.

The quasi non-violent way was treated the case of the film "Fitna" (Discord) published on the Internet on 27 March 2008 by Dutch extreme right politician Geert Wilders comforted us in this hope.

Patrick Haenni, Khaled Hamza, Mohamed Jeghllaly
Stephane Lacroix, Abdelaly Hamiddine

Le 26 octobre, Husam Tammam s'est éteint après plus de 2 ans de combat contre la maladie. La perte de Husam comme individu, ami, compagnon de route est insupportable. Mais avec lui le monde de la science perd aussi un chercheur exceptionnel et visionnaire dont les travaux étaient lus et appréciés par tous ceux qui, dans le monde arabe autant qu'en Occident, s'interrogent avec un peu de sérieux sur les recompositions de l'islam contemporain.

Un homme libre

En effet, Husam Tammam n'était pas un expert de l'islamisme à proprement parler, pensant à partir des lignes des différents think tank interprétant la réalité de l'islamisme. Il n'était pas non plus un universitaire testant, sur l'islamisme, diverses théories. Il était avant tout un penseur libre, au sens où il ne pensait pas à partir d'une institution, académique, politique ou partisane. En lieu et place, il puisait, en dilettante, partout là où il trouvait de quoi nourrir ses intuitions rendues possibles par une proximité à la fois respectueuse et critique de son objet : dans les textes islamiques classiques, dans le discours militant contemporain, dans les concepts de ses nombreux amis chercheurs occidentaux, dans l'observation aiguisée des réalités changeantes des formes de la religiosité musulmane contemporaine, en Egypte comme ailleurs dans la région.

Un regard à large focale

Sa liberté, c'était d'abord un regard qui ne se résumait pas à une certaine demande politique : l'islamisme l'intéressait, mais il pensait au-delà et visait le redéploiement contemporain de l'islam, non seulement dans le politique, mais également dans la société. Husam était autant intéressé par la question du pouvoir que des mentalités, des organisations militantes que des pratiques religieuses anodines et, a priori, politiquement sans importance comme les transformations des anashid islamiques ou l'étrange fascination des cercles islamiques pour les théories du management à l'Américaine. Sur ce fond, à savoir la capacité à analyser le politique « par le bas », par la sociologie et l'empathie, il y su, en précurseur, percer certaines dynamiques de fond traversant les Frères musulmans actuellement comme leur progressives « salafisation » et « ruralisation ». Par là, il mettait le point sur une thèse centrale qui traversa ses écrits : les Frères musulmans sont en perpétuelle interaction avec l'environnement social qu'ils entendent réformer.

Beaucoup de gens se demandent pourquoi l'Algérie n'a pas pris le train de révolutions et n’a pas participé au « Printemps arabe » de 2011. Est-ce qu’elle va être une exception? Est-ce qu’elle va rater cette « fenêtre historique » pour se libérer? Est-ce le dernier pays de la région à se débarrasser d'une dictature militaire impitoyable et corrompue? Les Algériens seraient-ils moins déterminés à saisir la liberté et la vie décente que les Tunisiens, les Egyptiens, les Yéménites et les autres? Pour répondre à ces questions pertinentes et légitimes, nous devons faire un bref aperçu historique.

Le peuple algérien, qui est passé en 1962 de la domination d’une puissance coloniale française à celle d'un pouvoir répressif indigène, a été le premier dans le monde arabe à s'engager, dans les années 1980, dans une lutte non-violente contre le despotisme et la corruption. Le mouvement a commencé dans quelques villes de l'Est et s’est propagé au centre de l'Algérie et atteindre Alger en Octobre 1988. Des manifestations pacifiques ont été écrasées par une intervention militaire brutale résultant en des centaines de jeunes tués. Le sang de ces innocents a forcé le régime à opérer une certaine ouverture dans les champs politique et médiatique. Les Algériens ont goûté pour la première fois la liberté d'expression et ont pratiqué leurs droits civils. Des dizaines de journaux ont été lancés et plus de soixante partis politiques ont été fondés, représentant le large spectre politique algérien. Pendant trois ans (1989-1991), l’Algérie a vécu ce qu'on appellera plus tard une « parenthèse démocratique ».

Pre-Islamic Arabia lived for a long time under various forms of asabiya: chauvinism to the Arab race (arabism), to the tribe (tribalism), or to a clan within the tribe (clanism). This was the source of many long lasting wars. But, in 610, Prophet Muhammad, 40 years old, received the first verses of Al-Quran, challenging the social and political order. Asabiya yielded to brotherhood-sisterhood in a community of values, the Umma, from Umm, mother. Arabs engaged with enthusiasm in this new “matriotism” based on an Islamic religion stating that “there is no difference between an Arab and a non-Arab, or between a White and a Black, except by degree of piety”. Blood, race, ethnic group, colour, gender etc. vanished in favour of oneness of origin, freedom, justice, and above all rahma (true love).

The Umma was guided by the Prophet, and ruled after his death by the Rightly Guided Successors (al-Khulafa, ar-Rashidun). But only 30 years after the death of the Prophet, in 661, the values he taught were violated, and the political order was corrupted, back to asabiya.