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Contributions

Le début du mois de mai 2018 a été rythmé par des élections dans trois pays du monde arabe, toutes perçues comme libres et justes par les institutions internationales, même si quelques incidents sont à déplorer. En effet, des élections législatives se sont déroulées en Irak et au Liban, et les Tunisiens ont été appelés aux urnes pour les élections municipales. Du taux d’abstention record en Tunisie (mais aussi décevant dans les deux autres pays), aux soupçons d’irrégularités, voire de fraudes, en Irak, il est tout de même à noter que ces élections se sont déroulées dans des contextes économiques, politiques et sociétaux tendus, et ont déjoué quelques pronostics. Ces élections, bien que fragiles, représentaient malgré tout un espoir démocratique de changement dans une région tourmentée depuis bien trop longtemps.

Outre ses activités de transformation des conflits sur le terrain, la Fondation Cordoue de Genève (FCG) a fait de la formation, depuis plusieurs années maintenant, un de ses atouts. En effet, nous croyons sincèrement que la promotion de la paix passe aussi par l’éducation des jeunes et la formation d’acteurs sur le terrain. Ceci est d’autant plus efficace que l’audience est diverse et comprend des acteurs appartenant aux diverses parties d’un conflit donné. Dans ces conditions, le lieu de formation devient un véritable espace de médiation où les participants, en plus d’acquérir des connaissances techniques, apprennent à se connaitre et échanger et à faire des analyses conjointes.

par Abbas Aroua

Il est courant de nos jours de confondre islamisme et extrémisme – voire terrorisme –, par paresse intellectuelle ou de manière malveillante, malintentionnée. Quel est donc le rapport entre ces deux termes ?

En marge de la clôture du Sommet de l'Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, le président François Hollande a raffermi la position de la France au Mali en plaidant pour le désarmement du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) et pour son inclusion dans un dialogue politique avec Bamako. La déclaration du chef d'Etat français intervient comme une réponse au communiqué du 29 novembre dernier où le vice-président de l'organisation indépendantiste touarègue a mis fin au cessez-le-feu négocié quelques mois plus tôt lors des accords de Ouagadougou. Si le compromis alors trouvé était parvenu à contourner la question épineuse du désarmement du MNLA en assurant la tenue des élections législatives du 24 novembre dernier, la reprise des tensions marque l'épilogue d'une parenthèse aux allures démocratiques censée préparer les conditions d'une sortie de crise. Une parenthèse basée sur des accords fragiles qui ont certes permis l'organisation des élections présidentielles de juillet 2013, mais qui n'ont en rien changé la position de Bamako et de ses alliés étrangers vis-à-vis des revendications touarègues.

L'attitude de la communauté internationale, menée par la France et l'Union Européenne[1], relaie en effet le ton menaçant de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à l'égard d'une contestation touarègue vieille de plus d'un demi-siècle. Au mois d'avril 2012, suite à la proclamation de l'indépendance de l'Azawad, territoire des populations touarègues au nord du Mali, un communiqué de la CEDEAO avait réaffirmé que « le Mali est "un et indivisible" et qu'elle usera de tous les moyens, y compris le recours à la force, pour assurer l'intégrité territoriale du pays. »[2] Une menace visant, il est vrai, les nombreux groupes affiliés ou dissidents d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) présents dans la région, mais aussi des populations géographiquement et politiquement isolées que le gouvernement de Bamako et ses alliés européens peinent à inclure dans leur projet démocratique. Le traitement gouvernemental à l'égard de la cause autonomiste de l'Azawad, y compris dans sa version laïque telle qu'exprimée dans les rangs du MNLA, représente aujourd'hui encore l'un des principaux obstacles à l'émancipation démocratique du pays.