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Contributions

Contrairement à la vision promue par l'armée, la situation en Egypte n'est pas celle d'un combat entre pro-islamistes et anti-islamistes mais bien le résultat d'un coup d'Etat militaire.

Les événements des derniers jours en Egypte témoignent de l'extrême brutalité d'une dictature militaire revenue (ou demeurée) au pouvoir, de l'incapacité de la communauté internationale à condamner fermement la violence contre des civils lorsqu'elle est prétendument dirigée contre des «islamistes», et de la stratégie de manipulation mise en place par un pouvoir ne pouvant s'appuyer sur aucune légitimité démocratique.

L'éviction du président Mohamed Morsi par l'armée égyptienne est un coup d'Etat militaire pur et simple. En effet, cette éviction répond à la définition d'un renversement illégal de la tête de l'Etat par l'armée, une faction interne, ou les services de sécurité, par l'utilisation de la force ou de la menace de l'utiliser. Les expériences passées de coups d'Etats militaires comme le renversement du gouvernement Mossadegh en Iran en 1953, de Salvador Allende au Chili en 1973, ou encore le putsch militaire en Algérie de 1992 nous rappellent que les coups d'Etats militaires ne sont jamais un bon mécanisme pour la résolution de conflits. Le coup d'Etat militaire en Egypte est un témoignage regrettable de l'échec de tous les acteurs politiques et des parties engagées dans la manière de gérer la période de transition qui a été caractérisée par une très forte polarisation.

Aujourd'hui, alors que la constitution a été suspendue et que l'armée a repris le pouvoir, quels sont les défis à relever pour l'Egypte ?

stephen hesselDécès de Stephane Hessel
par Abbas Aroua

Stephane Hessel est décédé il y a trois jours. Il est mort trop jeune. Car dans sa tête et dans son cœur il n’a jamais perdu la flamme de la jeunesse, entretenue par l’amour de la justice et le combat ininterrompu pour les démunis, les opprimés et les agressés de la terre, de toute la terre.

« La vérité et la justice conservent le corps humain » aime à dire un ami ; j’ai pu constater cette dynamique à l’œuvre chez feu l’Abbé Pierre et le professeur Noam Chomsky, ainsi que chez mes maitres et amis Me Abdennour Ali-Yahia et Prof Johan Galtung, que Dieu leur prête longue vie, qui sont des jeunes éternels.

Hessel appartient à cette catégorie d’intellectuels libres qui ont la capacité d’échapper au poids de la stature académique et aux contraintes du statut d’universitaire, pour donner libre cours à leur indignation et se consacrer à propager le bien autour d’eux, sans se laisser faire prisonniers d’aucun enjeu.

The last two weeks have seen the resurgence of Islamic-Western tensions around the seeming opposition between freedom of expression and respect for religious symbols. We hoped that the unfortunate episode of the cartoons "Muhammeds ansigt" (Face of Mohammed) published on 30 September 2005 by the Danish newspaper Jyllands-Posten and the violent reaction in some cities of the Muslim world demonstrated to all parties how both provocation and the violent reaction to it can threaten world peace.

The quasi non-violent way was treated the case of the film "Fitna" (Discord) published on the Internet on 27 March 2008 by Dutch extreme right politician Geert Wilders comforted us in this hope.

Patrick Haenni, Khaled Hamza, Mohamed Jeghllaly
Stephane Lacroix, Abdelaly Hamiddine

Le 26 octobre, Husam Tammam s'est éteint après plus de 2 ans de combat contre la maladie. La perte de Husam comme individu, ami, compagnon de route est insupportable. Mais avec lui le monde de la science perd aussi un chercheur exceptionnel et visionnaire dont les travaux étaient lus et appréciés par tous ceux qui, dans le monde arabe autant qu'en Occident, s'interrogent avec un peu de sérieux sur les recompositions de l'islam contemporain.

Un homme libre

En effet, Husam Tammam n'était pas un expert de l'islamisme à proprement parler, pensant à partir des lignes des différents think tank interprétant la réalité de l'islamisme. Il n'était pas non plus un universitaire testant, sur l'islamisme, diverses théories. Il était avant tout un penseur libre, au sens où il ne pensait pas à partir d'une institution, académique, politique ou partisane. En lieu et place, il puisait, en dilettante, partout là où il trouvait de quoi nourrir ses intuitions rendues possibles par une proximité à la fois respectueuse et critique de son objet : dans les textes islamiques classiques, dans le discours militant contemporain, dans les concepts de ses nombreux amis chercheurs occidentaux, dans l'observation aiguisée des réalités changeantes des formes de la religiosité musulmane contemporaine, en Egypte comme ailleurs dans la région.

Un regard à large focale

Sa liberté, c'était d'abord un regard qui ne se résumait pas à une certaine demande politique : l'islamisme l'intéressait, mais il pensait au-delà et visait le redéploiement contemporain de l'islam, non seulement dans le politique, mais également dans la société. Husam était autant intéressé par la question du pouvoir que des mentalités, des organisations militantes que des pratiques religieuses anodines et, a priori, politiquement sans importance comme les transformations des anashid islamiques ou l'étrange fascination des cercles islamiques pour les théories du management à l'Américaine. Sur ce fond, à savoir la capacité à analyser le politique « par le bas », par la sociologie et l'empathie, il y su, en précurseur, percer certaines dynamiques de fond traversant les Frères musulmans actuellement comme leur progressives « salafisation » et « ruralisation ». Par là, il mettait le point sur une thèse centrale qui traversa ses écrits : les Frères musulmans sont en perpétuelle interaction avec l'environnement social qu'ils entendent réformer.