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Promotion de la coexistence pacifique entre les acteurs politiques à visions du monde divergentes
Tunis, 23 septembre 2017
Auteur : Salahedine Jourchi
Traduction de l'arabe : Khadidja Neggazi
Édition : Charlotte Mounier
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Introduction

Le Forum El Jahedh et la Fondation Cordoue de Genève (FCG) ont organisé en coopération avec le Département fédéral suisse des affaires étrangères (DFAE) le 23 septembre 2017 un atelier, le troisième du genre qui se tient à Tunis, dans le cadre du programme « Promotion de la coexistence pacifique entre les acteurs politiques tunisiens à différentes références idéologiques ». Deux précédentes rencontres ont été organisées, dont une première dédiée au dialogue entre les islamistes et les séculiers dans le contexte tunisien et une deuxième rencontre consacrée aux expériences du 18 octobre et de la Troïka. Cet atelier, pour sa part, avait pour objet l’évaluation de l’alliance entre le parti Nidaa Tounes et le mouvement Ennahdha, une expérience qui dure depuis 2014, date des dernières législatives, jusqu’à ce jour.

L’atelier vise à évaluer la coalition entre Ennahdha et Nidaa Tounes depuis 2014, comme exemple de consensus visant à promouvoir l’action commune entre acteurs de bords idéologiques différents, afin de protéger le processus de transition démocratique en Tunisie. Ce but est lié à l’objectif principal de ce programme, qui est de faciliter un processus de dialogue afin de créer un environnement sécurisé qui pourrait permettre, à terme, de trouver un consensus et des solutions sur la base d’une bonne relation entre les islamistes et les séculiers pour qu’ils joignent leur capacité à garantir la stabilité mais aussi la coexistence afin de réussir la transition démocratique en Tunisie. Cet objectif peut être atteint en examinant les aspects pratiques qui ont caractérisé les initiatives communes lancées par les deux parties. Le plus important est de savoir si l’idée du rapprochement conjoncturel est en train de devenir une partie importante du processus d’édification de l’union nationale qui requiert de donner la priorité au politique plutôt qu’à l’idéologique et de faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation sur les intérêts partisans restreints.
Cet atelier a vu la participation de représentants des deux partis précités et des responsables des partis « Machrouu Tounes », « Al Hirak », « le Forum pour le travail et les libertés », « Al-Binaa », le Front Islamique et un certain nombre de personnalités indépendantes et des chercheurs universitaires, ainsi que des jeunes issus d’Ennahdha et de Nidaa Tounes avec au total 26 participants, hommes et femmes.

L’atelier a débuté par les mots d’ouverture du président du Forum El Jahedh, du représentant du FCG et de la représentante du DFAE, qui a rappelé l’engagement de la Suisse dans le secteur de la coopération et de la transition politique. Après la session d’ouverture, l’atelier a amorcé ses travaux par deux communications de deux représentants de Nidaa Tounes. Cette session avait pour thématique « L’alliance Ennahdha - Nidaa : un impératif dicté par les résultats des élections ou un choix stratégique ? ».

Le modérateur de la session a expliqué dans son introduction que l’alliance entre ces deux partis n’avait pas été envisagée par les prévisions post-révolution, notamment après la création de Nidaa Tounes. Cette alliance a donc surpris et a été qualifiée par beaucoup de « contre nature ». Ceci est dû aux profonds désaccords entre les Destouriens à l’époque du président Bourguiba, et plus tard entre les partisans du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et les islamistes à l’époque du président Ben Ali. Des désaccords qui ont mené à la répression des partisans d’Ennahdha quarante années durant. En outre, la rivalité politique entre Ennahdha et Nidaa Tounes a atteint un paroxysme.

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